Sarkozy est un fou...de la réaction à chaud !

Publié le par Jeunes Socialistes 03

Article d'Alice Géraud publié sur le blog LibéLyon le 13 novembre 2008
Il se sera écoulé moins de 24 heures entre le coup de poignard et l'annonce présidentielle. Moins d'une journée après le meurtre d'un jeune chercheur grenoblois, tué par un patient échappé de l'hôpital psychiatrique. Jeudi soir, après une réunion express, Nicolas Sarkozy a promis une réforme de l'hospitalisation psychiatrique.

Parmi les objectifs déjà annoncés par Nicolas Sarkozy, la création d'un "fichier national des hospitalisations d'office" afin "d'améliorer la surveillance des patients susceptibles de représenter un danger pour autrui". Un fait divers, un fichier. Le Président souhaite par ailleurs que soient mieux encadrées les sorties d'établissements. Concernant le drame de Grenoble, une enquête de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) va devoir "déterminer les responsabilités de ce drame dans la perspective de sanctions éventuelles". Elle devra rendre ses conclusions "dans les 72 heures", précise l'Elysée. Ces mesures ont été annoncées après deux heures de réunion, jeudi, entre le président et ses ministres de la Santé, de la Justice et de l'Intérieur.

Nicolas Sarkozy est plutôt coutumier de cette méthode de réaction à chaud, en urgence. Anticipant toutes les enquêtes administratives et judiciaires, qui travaillent sur un rythme qui n'est pas celui de l'opinion, il veut des réponses immédiates à l'émotion sans concertation avec les magistrats et les professionnels de santé. Ainsi jeudi, à peine le Parquet de Grenoble avait-il ouvert une information judiciaire pour meurtre, que le Président de la République se saisissait de l'affaire, annonçant la tenue immédiate à l'Elysée d'une réunion interministérielle sur le sujet. Le patient, auteur présumé des faits, qui serait atteint de schizophrénie, n'avait même pas encore pu être entendu par un juge. Le meurtrier présumé est depuis son interpellation en chambre d'isolement. Les experts psychiatriques chargés de déterminer s'il est ou non responsable de ses actes, et donc accessible ou non à une sanction pénale, n'ont pas encore été nommés.

La victime était encore à la morgue. Mais les faits sont déjà établis : un homme s'échappe de l'hôpital psychiatrique et en poignarde un autre. C'est la troisième fois que ce schizophrène de 56 ans agit ainsi. Il fallait tirer leçon. Proposer une réaction. Ce sera une réforme.

En août 2007 déjà, après le meurtre particulièrement barbare de deux aides-soignantes par un malade de l'hôpital psychiatrique de Pau, Nicolas Sarkozy avait chargé Rachida Dati de proposer une réforme permettant de créer une forme de condamnation pour les personnes jugées irresponsables pénalement par les psychiatres. Cette réforme proposait d'inventer une "culpabilité civile". Le projet avait déclenché la colère des magistrats et des psychiatres. Il s'était heurté au Conseil d'Etat. La réforme a été abandonnée.


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Publié dans Politique nationale

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