Le Congrès de Reims vu d'Allemagne...
Dans l'hebdomadaire allemand de référence Der Spiegel (du 10 novembre 2008), le Congrès du PS, qui se tiendra le week-end prochain à Reims, fait l'objet d'un article de deux pages intitulé Im Namen der Rose (Au nom de la rose).
Qui, selon Stefan Simons, journaliste du Spiegel, devrait être à la tête du PS ?

Autant vous le dire tout de suite, Benoît Hamon a la cote outre-Rhin.
L'article commence ainsi :
" Benoît Hamon est un homme pressé : à peine est-il arrivé dans l'Auditorium situé dans le centre de Toulouse, qu'il serre rapidement la main des organisateurs, puis il se dirige vers la tribune. L'auditoire, em majorité des étudiants, applaudit en mesure. A côté de jeunes socialistes enthousiasmés s'amassent aussi des militants grisonnants - salariés d'Airbus, syndicalistes de firmes pharmaceutiques locales.

Après avoir qualifié Benoît Hamon d'élégant chef de file, le journaliste poursuit :
"Plans sociaux, licenciements, perte du pouvoir d'achat, démentèlement social - cet homme de 41 ans autopsie en steccato les misères de la Vème République. Nous faisons route vers une catastrophe sociale, qui va remettre le système global en question, a déclaré Hamon et il a condamné la rigueur brutale du Président Nicolas Sarkozy : nous ne sommes pas encore face à une révolte mais la crise arrive. Et alors, il esquisse sa vision d'un Parti Socialiste transformé, qui se redirige vers les travailleurs et les salariés et qui se détourne de l'appareil repus des dignitaires. L'auditoire est aux anges, c'est comme si Obama était à Toulouse."
Plus loin, le journaliste évoque la candidature de Benoît Hamon au poste de Premier Secrétaire :
Ces dernières semaines, on considérait le fils d'ouvrier originaire de Bretagne comme un représentant certes charmant de l'aile gauche du PS mais sans aucune chance (de devenir Premier Secrétaire). Le fils d'une secrétaire et d'un ouvrier de chantier naval de Brest s'est engagé pour la première fois à l'âge de 19 ans au travers de manifestations étudiantes. Après avoir obtenu un diplôme de fin d'études en histoire, Benoît Hamon a travaillé peu de temps comme assistant parlementaire. Il prit alors la tête des jeunes socialistes. Il fut aussi collaborateur d'une ministre, conseiller municipal d'une ville de la banlieue parisienne. En 2004, il devint député européen. Hamon est apprécié pour son pragmatisme, il est parvenu à rassembler l'élite de gauche du PS dans une alliance historique. Un de ses amis explique son succès : il véhicule tout simplement plus d'optimisme que les vieilles figures du PS. Et ces derniers jours plus que jamais. Parce qu'il a réussi à rassembler 20% des militants socialistes derrière son projet (Un Monde d'avance), il compte soudainement parmi les favoris pour accèder aux instances dirigeantes. Même si on se moque encore de lui en le considérant comme un homme de gauche archaïque, il doit désormais être pris au sérieux. Même par Ségolène Royal.
Après avoir rappelé que la motion de Ségolène Royal était arrivée en tête, le journaliste se lance dans l'énumération des possibles alliances. Stefan Simons exclut toute alliance entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë. Mais, selon lui, une alliance entre Bertrand Delanoë et Martine Aubry est envisageable. Reste Benoît Hamon...
"Reste la star surprise et ailier gauche du PS Benoît Hamon : il incarne aussi bien le renouveau interne du Parti que le changement générationnel, la rupture avec l'appareil, et le retour à l'orthodoxie socialiste.
Ce sont ces orientations que Ségolène Royal appelle également de ses voeux. Elle a de nouveau assuré vendredi dernier qu'elle voulait rassembler autour d'elle tous les talents, et la jeune génération aussi. Cependant, l'ailier gauche Hamon pourrait se révèler être un partenaire de négociation encombrant pour elle. Nous sommes prêt à discuter avec tout le monde. Mais nous ne céderons rien, a dit Hamon." (fin de l'article)

Revenons un peu sur ce que le journaliste Stefan Simons avance.
Il est évident qu'aucune alliance ne peut voir le jour entre Ségolène Royal et Benoît Hamon. Même s'ils semblent avoir quelques points communs, ils défendent tous deux des lignes politiques fort différentes.
De plus, ce qui est vraiment frappant dans cet article, c'est la quasi-absence de Martine Aubry et de Bertrand Delanoë dans l'analyse ; ils sont renvoyés tous deux dos à dos comme les représentants du vieux Parti. Rien de plus.
A noter tout de même la photo de Bertrand Delanoë qui illustre l'article : elle représente Bertrand Delanoë marchant aux côtés de Sarkozy... le journaliste ne veut-il pas nous signifier par là que Bertrand Delanoë est susceptible de devenir le successeur de Sarko ?
Enfin bref, pour Stefan Simons, l'avenir du PS se joue entre Ségolène Royal et Benoît Hamon. Ils semblent être les seuls à pouvoir rénover le PS même s'il est clair que le journaliste accorde sa préférence à Benoît Hamon.
Le Congrès de Reims va-t-il donner raison au Spiegel ? Réponse dans quelques jours.
traduit par T.D.
Qui, selon Stefan Simons, journaliste du Spiegel, devrait être à la tête du PS ?
Autant vous le dire tout de suite, Benoît Hamon a la cote outre-Rhin.
L'article commence ainsi :
" Benoît Hamon est un homme pressé : à peine est-il arrivé dans l'Auditorium situé dans le centre de Toulouse, qu'il serre rapidement la main des organisateurs, puis il se dirige vers la tribune. L'auditoire, em majorité des étudiants, applaudit en mesure. A côté de jeunes socialistes enthousiasmés s'amassent aussi des militants grisonnants - salariés d'Airbus, syndicalistes de firmes pharmaceutiques locales.

Après avoir qualifié Benoît Hamon d'élégant chef de file, le journaliste poursuit :
"Plans sociaux, licenciements, perte du pouvoir d'achat, démentèlement social - cet homme de 41 ans autopsie en steccato les misères de la Vème République. Nous faisons route vers une catastrophe sociale, qui va remettre le système global en question, a déclaré Hamon et il a condamné la rigueur brutale du Président Nicolas Sarkozy : nous ne sommes pas encore face à une révolte mais la crise arrive. Et alors, il esquisse sa vision d'un Parti Socialiste transformé, qui se redirige vers les travailleurs et les salariés et qui se détourne de l'appareil repus des dignitaires. L'auditoire est aux anges, c'est comme si Obama était à Toulouse."
Plus loin, le journaliste évoque la candidature de Benoît Hamon au poste de Premier Secrétaire :
Ces dernières semaines, on considérait le fils d'ouvrier originaire de Bretagne comme un représentant certes charmant de l'aile gauche du PS mais sans aucune chance (de devenir Premier Secrétaire). Le fils d'une secrétaire et d'un ouvrier de chantier naval de Brest s'est engagé pour la première fois à l'âge de 19 ans au travers de manifestations étudiantes. Après avoir obtenu un diplôme de fin d'études en histoire, Benoît Hamon a travaillé peu de temps comme assistant parlementaire. Il prit alors la tête des jeunes socialistes. Il fut aussi collaborateur d'une ministre, conseiller municipal d'une ville de la banlieue parisienne. En 2004, il devint député européen. Hamon est apprécié pour son pragmatisme, il est parvenu à rassembler l'élite de gauche du PS dans une alliance historique. Un de ses amis explique son succès : il véhicule tout simplement plus d'optimisme que les vieilles figures du PS. Et ces derniers jours plus que jamais. Parce qu'il a réussi à rassembler 20% des militants socialistes derrière son projet (Un Monde d'avance), il compte soudainement parmi les favoris pour accèder aux instances dirigeantes. Même si on se moque encore de lui en le considérant comme un homme de gauche archaïque, il doit désormais être pris au sérieux. Même par Ségolène Royal.
Après avoir rappelé que la motion de Ségolène Royal était arrivée en tête, le journaliste se lance dans l'énumération des possibles alliances. Stefan Simons exclut toute alliance entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë. Mais, selon lui, une alliance entre Bertrand Delanoë et Martine Aubry est envisageable. Reste Benoît Hamon...
"Reste la star surprise et ailier gauche du PS Benoît Hamon : il incarne aussi bien le renouveau interne du Parti que le changement générationnel, la rupture avec l'appareil, et le retour à l'orthodoxie socialiste.
Ce sont ces orientations que Ségolène Royal appelle également de ses voeux. Elle a de nouveau assuré vendredi dernier qu'elle voulait rassembler autour d'elle tous les talents, et la jeune génération aussi. Cependant, l'ailier gauche Hamon pourrait se révèler être un partenaire de négociation encombrant pour elle. Nous sommes prêt à discuter avec tout le monde. Mais nous ne céderons rien, a dit Hamon." (fin de l'article)

Revenons un peu sur ce que le journaliste Stefan Simons avance.
Il est évident qu'aucune alliance ne peut voir le jour entre Ségolène Royal et Benoît Hamon. Même s'ils semblent avoir quelques points communs, ils défendent tous deux des lignes politiques fort différentes.
De plus, ce qui est vraiment frappant dans cet article, c'est la quasi-absence de Martine Aubry et de Bertrand Delanoë dans l'analyse ; ils sont renvoyés tous deux dos à dos comme les représentants du vieux Parti. Rien de plus.
A noter tout de même la photo de Bertrand Delanoë qui illustre l'article : elle représente Bertrand Delanoë marchant aux côtés de Sarkozy... le journaliste ne veut-il pas nous signifier par là que Bertrand Delanoë est susceptible de devenir le successeur de Sarko ?
Enfin bref, pour Stefan Simons, l'avenir du PS se joue entre Ségolène Royal et Benoît Hamon. Ils semblent être les seuls à pouvoir rénover le PS même s'il est clair que le journaliste accorde sa préférence à Benoît Hamon.
Le Congrès de Reims va-t-il donner raison au Spiegel ? Réponse dans quelques jours.
traduit par T.D.
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