ZAPA : un projet qui ne manque pas d’air !

Publié le par Jeunes Socialistes 03

Depuis de nombreuses années des associations ,qu’elles soient écologistes, scientifiques, médicales ou de citoyens, tirent la sonnette d’alarme en ce qui concerne la qualité de l’air que nous respirons dans nos villes.

Le Grenelle de l’Environnement semblait avoir trouvé une réponse en permettant aux villes qui le souhaitaient d’instaurer des Zones d’Actions Prioritaires pour l’Air (ZAPA) en vue de diminuer les teneurs en dioxyde d’azote (NO2) et en particules fines inférieure à 10 microns (PM10).

Seulement voilà, la solution proposée par la Ministre de l’Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet est d’établir une liste de voitures qui seront exclues de ces périmètres. La Ministre semble vouloir protéger nos poumons, mais obéit surtout à une injonction de l’Union Européenne envers la France pour non respect des seuils de qualité de l’air : pour l’année 2011, les régions PACA, Ile-de-France et Rhône-Alpes enregistrent déjà sur certains sites un nombre de jours de dépassements des seuils admissibles de pollution supérieurs à ce qu’impose la législation européenne.

D’ici 2012, des zones urbaines devraient donc tenter l’expérience de diminuer cette pollution en interdisant l’accès de ces ZAPA à certains véhicules jugés trop polluants. Chaque ville reste libre de décider quels véhicules doivent ou non être interdits.

La classification des véhicules a été établie sur les seuls critères des PM10 et NO2 sans y intégrer les émissions de CO2, ce qui permet aux véhicules les plus lourds, les plus puissants et les plus consommateurs de carburant (et souvent les moins adaptés à une circulation en ville) d’échapper à une quelconque interdiction de circuler ! Encore une fois, les personnes pénalisées sont les plus pauvres qui n’ont pas les moyens de s’offrir une voiture datant d’après 97 (date en dessous de laquelle votre voiture est bonne à la casse selon la ministre!). Pour les socialistes que nous sommes, la préservation de l’environnement et du milieu dans lequel nous vivons ne doit pas se faire au détriment des catégories sociales les moins riches. Il n’est pas juste à nos yeux que l’heureux propriétaire d’une grosse cylindrée puisse s’affranchir d’une interdiction de circuler alors que le citoyen lambda sera injustement pénalisé. Voulons-nous créer des zones accessibles aux plus riches et mettre fin à la mixité sociale, ou bien protéger l’environnement ?

La ville de Clermont-Ferrand, qui fait partie des villes retenue pour mener l’expérimentation, à refusé de se baser sur ces critères socialement injustes et préfère orienter sa réflexion sur la multiplication des transports en commun, le covoiturage, la création de pistes cyclables, etc. D’autres voix, de droite comme de gauche, s’élèvent contre la solution décidée par NKM qui pénalise une partie de la société.

Si nous voulons réellement que les citoyens prennent conscience de l’importance de la préservation de l’environnement, ce n’est pas en attaquant au portefeuille les plus pauvres que nous y arriverons. Dans ce domaine, il faut un réel courage politique et s’en prendre aux plus pollueurs, c’est-à-dire les grosses cylindrées qui n’ont absolument pas leur place en ville. Des questions sont également à se poser sur le nombre de véhicules possédés par chaque foyer, dont l’utilité n’est pas toujours justifiée. Il faut aussi, quand cela est possible, inciter les citoyens à la marche, au covoiturage ou à l’usage des transports en communs, à condition que ceux-ci soient développés et permettent un usage optimal. Il ne faut surtout pas oublier que beaucoup de citoyens ont réellement besoin de leur voiture pour se rendre à leur travail. Nous ne voulons pas non plus que cette mesure ne serve qu’a renflouer les caisses des constructeurs automobiles.

La qualité de l’air dans les villes concerne également d’autres facteurs, dont celui du chauffage. Le chauffage au bois (en plus d’être dangereux) est extrêmement polluant, générateur de particules et d’Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP), des substances hautement cancérigènes !

Le chauffage urbain, source importante de pollution de l’air, devrait également être optimisé, via l’isolation des logements. Mais là, ce n’est plus au citoyen de payer, mais aux offices de logements et d’HLM, et c’est une autre histoire…

 

La qualité de l'air auvergnate en direct sur : http://www.atmoauvergne.asso.fr/

A lire :

http://www.actu-environnement.com/ae/news/zapa-pollution-air-interdiction-circulation-vehicules-polluants-12320.php4

http://www.enviro2b.com/2011/04/06/zapa-une-pause-dans-la-pollution-de-huit-agglomerations/

http://www.cyberbougnat.net/communique-officiel-zapa-clermont-ferrand,4314.html


 

Publié dans Politique nationale

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